Mahomet: Acte Quatrième

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Le Fanatisme, ou Mahomet le Prophète
Par: Voltaire
Acte Premier
Acte Deuxième
Acte Troisième
Acte Quatrième
Acte Cinquième

SCÈNE I.

Mahomet, Omar.


Omar.

Oui, de ce grand secret la trame est découverte ;
ta gloire est en danger, ta tombe est entr’ouverte.
Séide obéira : mais avant que son coeur,
raffermi par ta voix, eût repris sa fureur,
Séide a révélé cet horrible mystère.

Mahomet.

ô ciel !

Omar.

Hercide l’aime : il lui tient lieu de père.

Mahomet.

Eh bien ! Que pense Hercide ?

Omar.

Il paraît effrayé ;
il semble pour Zopire avoir quelque pitié.

Mahomet.

Hercide est faible ; ami, le faible est bientôt traître.
Qu’il tremble ! Il est chargé du secret de son maître.
Je sais comme on écarte un témoin dangereux.
Suis-je en tout obéi ?

Omar.

J’ai fait ce que tu veux.

Mahomet.

Préparons donc le reste. Il faut que dans une heure
on nous traîne au supplice, ou que Zopire meure.
S’il meurt, c’en est assez ; tout ce peuple éperdu
adorera mon dieu, qui m’aura défendu.
Voilà le premier pas ; mais sitôt que Séide
aura rougi ses mains de ce grand homicide,
réponds-tu qu’au trépas Séide soit livré ?
Réponds-tu du poison qui lui fut préparé ?

Omar.

N’en doute point.

Mahomet.

Il faut que nos mystères sombres
soient cachés dans la mort, et couverts de ses ombres.
Mais tout prêt à frapper, prêt à percer le flanc
dont Palmire a tiré la source de son sang,
prends soin de redoubler son heureuse ignorance :
épaississons la nuit qui voile sa naissance,
pour son propre intérêt, pour moi, pour mon bonheur.
Mon triomphe en tout temps est fondé sur l’erreur.
Elle naquit en vain de ce sang que j’abhorre :
on n’a point de parents alors qu’on les ignore.
Les cris du sang, sa force, et ses impressions,
des coeurs toujours trompés sont les illusions.
La nature à mes yeux n’est rien que l’habitude ;
celle de m’obéir fit son unique étude :
je lui tiens lieu de tout. Qu’elle passe en mes bras,
sur la cendre des siens, qu’elle ne connaît pas.
Son coeur même en secret, ambitieux peut-être,
sentira quelque orgueil à captiver son maître.
Mais déjà l’heure approche où Séide en ces lieux
doit m’immoler son père à l’aspect de ses dieux.
Retirons-nous.

Omar.

Tu vois sa démarche égarée ;
de l’ardeur d’obéir son âme est dévorée.

SCÈNE II.

Mahomet, Omar, sur le devant, mais retirés de côté ; Séide, dans le fond.


Séide.

Il le faut donc remplir ce terrible devoir !

Mahomet.

Viens, et par d’autres coups assurons mon pouvoir.

(il sort avec Omar.)

Séide, seul.

à tout ce qu’ils m’ont dit je n’ai rien à répondre.
Un mot de Mahomet suffit pour me confondre.
Mais quand il m’accablait de cette sainte horreur,
la persuasion n’a point rempli mon coeur.
Si le ciel a parlé, j’obéirai sans doute ;
mais quelle obéissance ! ô ciel ! Et qu’il en coûte !

SCÈNE III.

Séide, Palmire.


Séide.

Palmire, que veux-tu ? Quel funeste transport !
Qui t’amène en ces lieux consacrés à la mort ?

Palmire.

Séide, la frayeur et l’amour sont mes guides ;
mes pleurs baignent tes mains saintement homicides.
Quel sacrifice horrible, hélas ! Faut-il offrir ?
à Mahomet, à Dieu, tu vas donc obéir ?

Séide.

ô de mes sentiments souveraine adorée !
Parlez, déterminez ma fureur égarée ;
éclairez mon esprit, et conduisez mon bras ;
tenez-moi lieu d’un dieu que je ne comprends pas.
Pourquoi m’a-t-il choisi ? Ce terrible prophète
d’un ordre irrévocable est-il donc l’interprète !

Palmire.

Tremblons d’examiner. Mahomet voit nos coeurs,
il entend nos soupirs, il observe mes pleurs.
Chacun redoute en lui la divinité même,
c’est tout ce que je sais ; le doute est un blasphème :
et le dieu qu’il annonce avec tant de hauteur,
Séide, est le vrai dieu, puisqu’il le rend vainqueur.

Séide.

Il l’est, puisque Palmire et le croit et l’adore.
Mais mon esprit confus ne conçoit point encore
comment ce dieu si bon, ce père des humains,
pour un meurtre effroyable a réservé mes mains.
Je ne le sais que trop que mon doute est un crime,
qu’un prêtre sans remords égorge sa victime,
que par la voix du ciel Zopire est condamné,
qu’à soutenir ma loi j’étais prédestiné.
Mahomet s’expliquait, il a fallu me taire ;
et, tout fier de servir la céleste colère,
sur l’ennemi de dieu je portais le trépas :
un autre dieu, peut-être, a retenu mon bras.
Du moins, lorsque j’ai vu ce malheureux Zopire,
de ma religion j’ai senti moins l’empire.
Vainement mon devoir au meurtre m’appelait ;
à mon coeur éperdu l’humanité parlait.
Mais avec quel courroux, avec quelle tendresse,
Mahomet de mes sens accuse la faiblesse !
Avec quelle grandeur, et quelle autorité,
sa voix vient d’endurcir ma sensibilité !
Que la religion est terrible et puissante !
J’ai senti la fureur en mon coeur renaissante ;
Palmire, je suis faible, et du meurtre effrayé ;
de ces saintes fureurs je passe à la pitié ;
de sentiments confus une foule m’assiége :
je crains d’être barbare, ou d’être sacrilége.
Je ne me sens point fait pour être un assassin.
Mais quoi ! Dieu me l’ordonne, et j’ai promis ma main ;
j’en verse encor des pleurs de douleur et de rage.
Vous me voyez, Palmire, en proie à cet orage,
nageant dans le reflux des contrariétés,
qui pousse et qui retient mes faibles volontés :
c’est à vous de fixer mes fureurs incertaines :
nos coeurs sont réunis par les plus fortes chaînes ;
mais, sans ce sacrifice à mes mains imposé,
le noeud qui nous unit est à jamais brisé ;
ce n’est qu’à ce seul prix que j’obtiendrai Palmire.

Palmire.

Je suis le prix du sang du malheureux Zopire !

Séide.

Le ciel et Mahomet ainsi l’ont arrêté.

Palmire.

L’amour est-il donc fait pour tant de cruauté ?

Séide.

Ce n’est qu’au meurtrier que Mahomet te donne.

Palmire.

Quelle effroyable dot !

Séide.

Mais si le ciel l’ordonne ?
Si je sers et l’amour et la religion ?

Palmire.

Hélas !

Séide.

Vous connaissez la malédiction
qui punit à jamais la désobéissance.

Palmire.

Si dieu même en tes mains a remis sa vengeance,
s’il exige le sang que ta bouche a promis...

Séide.

Eh bien ! Pour être à toi que faut-il ?

Palmire.

Je frémis.

Séide.

Je t’entends ; son arrêt est parti de ta bouche.

Palmire.

Qui ? Moi ?

Séide.

Tu l’as voulu.

Palmire.

Dieu ! Quel arrêt farouche !
Que t’ai-je dit ?

Séide.

Le ciel vient d’emprunter ta voix ;
c’est son dernier oracle, et j’accomplis ses lois.
Voici l’heure où Zopire à cet autel funeste
doit prier en secret des dieux que je déteste.
Palmire, éloigne-toi.

Palmire.

Je ne puis te quitter.

Séide.

Ne vois point l’attentat qui va s’exécuter.
Ces moments sont affreux. Va, fuis ; cette retraite
est voisine des lieux qu’habite le prophète !
Va, dis-je.

Palmire.

Ce vieillard va donc être immolé !

Séide.

De ce grand sacrifice ainsi l’ordre est réglé !
Il le faut de ma main traîner sur la poussière,
de trois coups dans le sein lui ravir la lumière,
renverser dans son sang cet autel dispersé.

Palmire.

Lui, mourir par tes mains ! Tout mon sang s’est glacé.
Le voici, juste ciel ! ...

(le fond du théâtre s’ouvre. On voit un autel.)

SCÈNE IV.

Zopire ; Séide, Palmire, sur le devant.


Zopire, près de l’autel.

ô dieux de ma patrie !
Dieux prêts à succomber sous une secte impie,
c’est pour vous-même ici que ma débile voix
vous implore aujourd’hui pour la dernière fois.
La guerre va renaître, et ses mains meurtrières
de cette faible paix vont briser les barrières.
Dieux ! Si d’un scélérat vous respectez le sort...

Séide, à Palmire.

Tu l’entends qui blasphème ?

Zopire.

Accordez-moi la mort.
Mais rendez-moi mes fils à mon heure dernière ;
que j’expire en leurs bras ; qu’ils ferment ma paupière.
Hélas ! Si j’en croyais mes secrets sentiments,
si vos mains en ces lieux ont conduit mes enfants...

Palmire, à Séide.

Que dit-il ? Ses enfants !

Zopire.

ô mes dieux que j’adore !
Je mourrais du plaisir de les revoir encore.
Arbitre des destins, daignez veiller sur eux ;
qu’ils pensent comme moi, mais qu’ils soient plus heureux !

Séide.

Il court à ses faux dieux ! Frappons.

(il tire son poignard.)

Palmire.

Que vas-tu faire ? Hélas !

Séide.

Servir le ciel, te mériter, te plaire.
Ce glaive à notre dieu vient d’être consacré ;
que l’ennemi de dieu soit par lui massacré !
Marchons. Ne vois-tu pas dans ces demeures sombres
ces traits de sang, ce spectre, et ces errantes ombres ?

Palmire.

Que dis-tu ?

Séide.

Je vous suis, ministres du trépas :
vous me montrez l’autel ; vous conduisez mon bras.
Allons.

Palmire.

Non ; trop d’horreur entre nous deux s’assemble.
Demeure.

Séide.

Il n’est plus temps ; avançons : l’autel tremble.

Palmire.

Le ciel se manifeste, il n’en faut pas douter.

Séide.

Me pousse-t-il au meurtre, ou veut-il m’arrêter ?
Du prophète de dieu la voix se fait entendre ;
il me reproche un coeur trop flexible et trop tendre ;
Palmire !

Palmire.

Eh bien ?

Séide.

Au ciel adressez tous vos voeux.
Je vais frapper.

(il sort, et va derrière l’autel où est Zopire.)

Palmire.

Je meurs ! ô moment douloureux !
Quelle effroyable voix dans mon âme s’élève !
D’où vient que tout mon sang malgré moi se soulève ?
Si le ciel veut un meurtre, est-ce à moi d’en juger ?
Est-ce à moi de m’en plaindre, et de l’interroger ?
J’obéis. D’où vient donc que le remords m’accable ?
Ah ! Quel coeur sait jamais s’il est juste ou coupable ?
Je me trompe, ou les coups sont portés cette fois ;
j’entends les cris plaintifs d’une mourante voix.
Séide... hélas ! ...

Séide revient d’un air égaré.

Où suis-je ? Et quelle voix m’appelle ?
Je ne vois point Palmire ; un dieu m’a privé d’elle.

Palmire.

Eh quoi ! Méconnais-tu celle qui vit pour toi ?

Séide.

Où sommes-nous ?

Palmire.

Eh bien ! Cette effroyable loi,
cette triste promesse est-elle enfin remplie ?

Séide.

Que me dis-tu ?

Palmire.

Zopire a-t-il perdu la vie ?

Séide.

Qui ? Zopire ?

Palmire.

Ah ! Grand dieu ! Dieu de sang altéré,
ne persécutez point son esprit égaré.
Fuyons d’ici.

Séide.

Je sens que mes genoux s’affaissent.

(il s’assied.)

ah ! Je revois le jour, et mes forces renaissent.
Quoi ! C’est vous ?

Palmire.

Qu’as-tu fait ?

Séide, se relevant.

Moi ! Je viens d’obéir...
d’un bras désespéré je viens de le saisir.
Par ses cheveux blanchis j’ai traîné ma victime.
ô ciel ! Tu l’as voulu ! Peux-tu vouloir un crime ?
Tremblant, saisi d’effroi, j’ai plongé dans son flanc
ce glaive consacré qui dut verser son sang.
J’ai voulu redoubler ; ce vieillard vénérable
a jeté dans mes bras un cri si lamentable !
La nature a tracé dans ses regards mourants
un si grand caractère, et des traits si touchants ! ...
de tendresse et d’effroi mon âme s’est remplie,
et, plus mourant que lui, je déteste ma vie.

Palmire.

Fuyons vers Mahomet qui doit nous protéger :
près de ce corps sanglant vous êtes en danger.
Suivez-moi.

Séide.

Je ne puis. Je me meurs. Ah ! Palmire ! ...

Palmire.

Quel trouble épouvantable à mes yeux le déchire !

Séide, en pleurant.

Ah ! Si tu l’avais vu, le poignard dans le sein,
s’attendrir à l’aspect de son lâche assassin !
Je fuyais. Croirais-tu que sa voix affaiblie
pour m’appeler encore a ranimé sa vie ?
Il retirait ce fer de ses flancs malheureux.
Hélas ! Il m’observait d’un regard douloureux.
" cher Séide, a-t-il dit, infortuné Séide ! "
cette voix, ces regards, ce poignard homicide,
ce vieillard attendri, tout sanglant à mes pieds,
poursuivent devant toi mes regards effrayés.
Qu’avons-nous fait ?

Palmire.

On vient, je tremble pour ta vie.
Fuis au nom de l’amour et du noeud qui nous lie.

Séide.

Va, laisse-moi. Pourquoi cet amour malheureux
m’a-t-il pu commander ce sacrifice affreux ?
Non, cruelle ! Sans toi, sans ton ordre suprême,
je n’aurais pu jamais obéir au ciel même.

Palmire.

De quel reproche horrible oses-tu m’accabler !
Hélas ! Plus que le tien mon coeur se sent troubler.
Cher amant, prends pitié de Palmire éperdue !

Séide.

Palmire ! Quel objet vient effrayer ma vue ?

(Zopire paraît, appuyé sur l’autel, après s’être relevé derrière cet autel où il a reçu le coup.)

Palmire.

c’est cet infortuné luttant contre la mort,
qui vers nous tout sanglant se traîne avec effort.

Séide.

Eh quoi ! Tu vas à lui ?

Palmire.

De remords dévorée,
je cède à la pitié dont je suis déchirée.
Je n’y puis résister ; elle entraîne mes sens.

Zopire, avançant et soutenu par elle.

Hélas ! Servez de guide à mes pas languissants !

(il s’assied.)

Séide, ingrat ! C’est toi qui m’arraches la vie !
Tu pleures ! Ta pitié succède à ta furie !

SCÈNE V.

Zopire, Séide, Palmire, Phanor.


Phanor.

Ciel ! Quels affreux objets se présentent à moi !

Zopire.

Si je voyais Hercide ! ... ah ! Phanor, est-ce toi ?
Voilà mon assassin.

Phanor.

ô crime ! Affreux mystère !
Assassin malheureux, connaissez votre père !

Séide.

Qui ?

Palmire.

Lui ?

Séide.

Mon père ?

Zopire.

ô ciel !

Phanor.

Hercide est expirant :
il me voit, il m’appelle, il s’écrie en mourant :
" s’il en est encor temps, préviens un parricide ;
cours arracher ce fer à la main de Séide.
Malheureux confident d’un horrible secret,
je suis puni, je meurs des mains de Mahomet :
cours, hâte-toi d’apprendre au malheureux Zopire
que Séide est son fils, et frère de Palmire. "

Séide.

Vous !

Palmire.

Mon frère ?

Zopire.

ô mes fils ! ô nature ! ô mes dieux !
Vous ne me trompiez pas quand vous parliez pour eux.
Vous m’éclairiez sans doute. Ah ! Malheureux Séide !
Qui t’a pu commander cet affreux homicide ?

Séide, se jetant à genoux.

L’amour de mon devoir et de ma nation,
et ma reconnaissance, et ma religion ;
tout ce que les humains ont de plus respectable
m’inspira des forfaits le plus abominable.
Rendez, rendez ce fer à ma barbare main.

Palmire, à genoux, arrêtant le bras de Séide.

Ah, mon père ! Ah, seigneur ! Plongez-le dans mon sein.
J’ai seule à ce grand crime encouragé Séide ;
l’inceste était pour nous le prix du parricide.

Séide.

Le ciel n’a point pour nous d’assez grands châtiments.
Frappez vos assassins.

Zopire, en les embrassant.

J’embrasse mes enfants.
Le ciel voulut mêler, dans les maux qu’il m’envoie,
le comble des horreurs au comble de la joie.
Je bénis mon destin ; je meurs, mais vous vivez.
ô vous, qu’en expirant mon coeur a retrouvés,
Séide, et vous, Palmire, au nom de la nature,
par ce reste de sang qui sort de ma blessure,
par ce sang paternel, par vous, par mon trépas,
vengez-vous, vengez-moi ; mais ne vous perdez pas.
L’heure approche, mon fils, où la trêve rompue
laissait à mes desseins une libre étendue :
les dieux de tant de maux ont pris quelque pitié ;
le crime de tes mains n’est commis qu’à moitié.
Le peuple avec le jour en ces lieux va paraître ;
mon sang va les conduire ; ils vont punir un traître.
Attendons ces moments.

Séide.

Ah ! Je cours de ce pas
vous immoler ce monstre, et hâter mon trépas ;
me punir, vous venger.

SCÈNE VI.

Zopire, Séide, Palmire, Phanor, Omar, suite.


Omar.

Qu’on arrête Séide !
Secourez tous Zopire ; enchaînez l’homicide.
Mahomet n’est venu que pour venger les lois.

Zopire.

Ciel ! Quel comble du crime ! Et qu’est-ce que je vois ?

Séide.

Mahomet me punir ?

Palmire.

Eh quoi ! Tyran farouche,
après ce meurtre horrible ordonné par ta bouche !

Omar.

On n’a rien ordonné.

Séide.

Va, j’ai bien mérité
cet exécrable prix de ma crédulité.

Omar.

Soldats, obéissez.

Palmire.

Non ; arrêtez. Perfide !

Omar.

Madame, obéissez, si vous aimez Séide.
Mahomet vous protége, et son juste courroux,
prêt à tout foudroyer, peut s’arrêter par vous.
Auprès de votre roi, madame, il faut me suivre.

Palmire.

Grand dieu ! De tant d’horreurs que la mort me délivre !

(on emmène Palmire et Séide.)

Zopire, à Phanor.

On les enlève ! ô ciel ! ô père malheureux !
Le coup qui m’assassine est cent fois moins affreux.

Phanor.

Déjà le jour renaît ; tout le peuple s’avance ;
on s’arme, on vient à vous, on prend votre défense.

Zopire.

Quoi ! Séide est mon fils !

Phanor.

N’en doutez point.

Zopire.

Hélas !
ô forfaits ! ô nature ! ... allons, soutiens mes pas,
je meurs. Sauvez, grands dieux ! De tant de barbarie
mes deux enfants que j’aime, et qui m’ôtent la vie.


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