Mahomet: Acte Premier

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Le Fanatisme, ou Mahomet le Prophète
Par: Voltaire
Acte Premier
Acte Deuxième
Acte Troisième
Acte Quatrième
Acte Cinquième

SCÈNE I.

Zopire, Phanor.


Zopire.

Qui ? Moi, baisser les yeux devant ses faux prodiges !
Moi, de ce fanatique encenser les prestiges !
L’honorer dans la Mecque après l’avoir banni !
Non. Que des justes dieux Zopire soit puni
si tu vois cette main, jusqu’ici libre et pure,
caresser la révolte et flatter l’imposture !

Phanor.

Nous chérissons en vous ce zèle paternel
du chef auguste et saint du sénat d’Ismaël ;
mais ce zèle est funeste ; et tant de résistance,
sans lasser Mahomet, irrite sa vengeance.
Contre ses attentats vous pouviez autrefois
lever impunément le fer sacré des lois,
et des embrasements d’une guerre immortelle
étouffer sous vos pieds la première étincelle.
Mahomet citoyen ne parut à vos yeux
qu’un novateur obscur, un vil séditieux :
aujourd’hui, c’est un prince ; il triomphe, il domine ;
imposteur à la Mecque, et prophète à Médine,
il sait faire adorer à trente nations
tous ces mêmes forfaits qu’ici nous détestons.
Que dis-je ? En ces murs même une troupe égarée,
des poisons de l’erreur avec zèle enivrée,
de ses miracles faux soutient l’illusion,
répand le fanatisme et la sédition,
appelle son armée, et croit qu’un dieu terrible
l’inspire, le conduit, et le rend invincible.
Tous nos vrais citoyens avec vous sont unis ;
mais les meilleurs conseils sont-ils toujours suivis ?
L’amour des nouveautés, le faux zèle, la crainte,
de la Mecque alarmée ont désolé l’enceinte ;
et ce peuple, en tout temps chargé de vos bienfaits,
crie encore à son père, et demande la paix.

Zopire.

La paix avec ce traître ! Ah ! Peuple sans courage,
n’en attendez jamais qu’un horrible esclavage :
allez, portez en pompe, et servez à genoux
l’idole dont le poids va vous écraser tous.
Moi, je garde à ce fourbe une haine éternelle ;
de mon coeur ulcéré la plaie est trop cruelle :
lui-même a contre moi trop de ressentiments.
Le cruel fit périr ma femme et mes enfants :
et moi, jusqu’en son camp j’ai porté le carnage ;
la mort de son fils même honora mon courage.
Les flambeaux de la haine entre nous allumés
jamais des mains du temps ne seront consumés.

Phanor.

Ne les éteignez point, mais cachez-en la flamme ;
immolez au public les douleurs de votre âme.
Quand vous verrez ces lieux par ses mains ravagés,
vos malheureux enfants seront-ils mieux vengés ?
Vous avez tout perdu, fils, frère, épouse, fille ;
ne perdez point l’état : c’est là votre famille.

Zopire.

On ne perd les états que par timidité.

Phanor.

On périt quelquefois par trop de fermeté.

Zopire.

Périssons, s’il le faut.

Phanor.

Ah ! Quel triste courage,
quand vous touchez au port, vous expose au naufrage ?
Le ciel, vous le voyez, a remis en vos mains
de quoi fléchir encor ce tyran des humains.
Cette jeune Palmire en ses camps élevée,
dans vos derniers combats par vous-même enlevée,
semble un ange de paix descendu parmi nous,
qui peut de Mahomet apaiser le courroux.
Déjà par ses hérauts il l’a redemandée.

Zopire.

Tu veux qu’à ce barbare elle soit accordée ?
Tu veux que d’un si cher et si noble trésor
ses criminelles mains s’enrichissent encor ?
Quoi ! Lorsqu’il nous apporte et la fraude et la guerre,
lorsque son bras enchaîne et ravage la terre,
les plus tendres appas brigueront sa faveur,
et la beauté sera le prix de la fureur !
Ce n’est pas qu’à mon âge, aux bornes de ma vie,
je porte à Mahomet une honteuse envie ;
ce coeur triste et flétri, que les ans ont glacé,
ne peut sentir les feux d’un désir insensé.
Mais soit qu’en tous les temps un objet né pour plaire
arrache de nos voeux l’hommage involontaire ;
soit que, privé d’enfants, je cherche à dissiper
cette nuit de douleurs qui vient m’envelopper ;
je ne sais quel penchant pour cette infortunée
remplit le vide affreux de mon âme étonnée.
Soit faiblesse ou raison, je ne puis sans horreur
la voir aux mains d’un monstre, artisan de l’erreur.
Je voudrais qu’à mes voeux heureusement docile,
elle-même en secret pût chérir cet asile ;
je voudrais que son coeur, sensible à mes bienfaits,
détestât Mahomet autant que je le hais.
Elle veut me parler sous ces sacrés portiques,
non loin de cet autel de nos dieux domestiques ;
elle vient, et son front, siége de la candeur,
annonce en rougissant les vertus de son coeur.

SCÈNE II.

Zopire, Palmire.


Zopire.

Jeune et charmant objet dont le sort de la guerre,
propice à ma vieillesse, honora cette terre,
vous n’êtes point tombée en de barbares mains ;
tout respecte avec moi vos malheureux destins,
votre âge, vos beautés, votre aimable innocence.
Parlez ; et s’il me reste encor quelque puissance,
de vos justes désirs si je remplis les voeux,
ces derniers de mes jours seront des jours heureux.

Palmire.

Seigneur, depuis deux mois sous vos lois prisonnière,
je dus à mes destins pardonner ma misère ;
vos généreuses mains s’empressent d’effacer
les larmes que le ciel me condamne à verser.
Par vous, par vos bienfaits, à parler enhardie,
c’est de vous que j’attends le bonheur de ma vie.
Aux voeux de Mahomet j’ose ajouter les miens :
il vous a demandé de briser mes liens ;
puissiez-vous l’écouter ! Et puissé-je lui dire
qu’après le ciel et lui je dois tout à Zopire !

Zopire.

Ainsi de Mahomet vous regrettez les fers,
ce tumulte des camps, ces horreurs des déserts,
cette patrie errante, au trouble abandonnée ?

Palmire.

La patrie est aux lieux où l’âme est enchaînée.
Mahomet a formé mes premiers sentiments,
et ses femmes en paix guidaient mes faibles ans :
leur demeure est un temple où ces femmes sacrées
lèvent au ciel des mains de leur maître adorées.
Le jour de mon malheur, hélas ! fut le seul jour
où le sort des combats a troublé leur séjour :
seigneur, ayez pitié d’une âme déchirée,
toujours présente aux lieux dont je suis séparée.

Zopire.

J’entends : vous espérez partager quelque jour
de ce maître orgueilleux et la main et l’amour.

Palmire.

Seigneur, je le révère, et mon âme tremblante
croit voir dans Mahomet un dieu qui m’épouvante.
Non, d’un si grand hymen mon coeur n’est point flatté ;
tant d’éclat convient mal à tant d’obscurité.

Zopire.

Ah ! Qui que vous soyez, il n’est point né peut-être
pour être votre époux, encor moins votre maître ;
et vous semblez d’un sang fait pour donner des lois
à l’arabe insolent qui marche égal aux rois.

Palmire.

Nous ne connaissons point l’orgueil de la naissance ;
sans parents, sans patrie, esclaves dès l’enfance,
dans notre égalité nous chérissons nos fers ;
tout nous est étranger, hors le dieu que je sers.

Zopire.

Tout vous est étranger ! Cet état peut-il plaire ?
Quoi ! Vous servez un maître, et n’avez point de père ?
Dans mon triste palais, seul et privé d’enfants,
j’aurais pu voir en vous l’appui de mes vieux ans ;
le soin de vous former des destins plus propices
eût adouci des miens les longues injustices.
Mais non, vous abhorrez ma patrie et ma loi.

Palmire.

Comment puis-je être à vous ? Je ne suis point à moi.
Vous aurez mes regrets, votre bonté m’est chère ;
mais enfin Mahomet m’a tenu lieu de père.

Zopire.

Quel père ! Justes dieux ! Lui ? Ce monstre imposteur !

Palmire.

Ah ! Quels noms inouïs lui donnez-vous, seigneur !
Lui, dans qui tant d’états adorent leur prophète !
Lui, l’envoyé du ciel, et son seul interprète !

Zopire.

étrange aveuglement des malheureux mortels !
Tout m’abandonne ici pour dresser des autels
à ce coupable heureux qu’épargna ma justice,
et qui courut au trône, échappé du supplice.

Palmire.

Vous me faites frémir, seigneur ; et, de mes jours,
je n’avais entendu ces horribles discours.
Mon penchant, je l’avoue, et ma reconnaissance,
vous donnaient sur mon coeur une juste puissance ;
vos blasphèmes affreux contre mon protecteur
à ce penchant si doux font succéder l’horreur.

Zopire.

ô superstition ! Tes rigueurs inflexibles
privent d’humanité les coeurs les plus sensibles.
Que je vous plains, Palmire ! Et que sur vos erreurs
ma pitié malgré moi me fait verser de pleurs !

Palmire.

Et vous me refusez !

Zopire.

Oui. Je ne puis vous rendre
au tyran qui trompa ce coeur flexible et tendre ;
oui, je crois voir en vous un bien trop précieux,
qui me rend Mahomet encor plus odieux.

SCÈNE III.

Zopire, Palmire, Phanor.


Zopire.

Que voulez-vous, Phanor ?

Phanor.

Aux portes de la ville,
d’où l’on voit de Moad la campagne fertile,
Omar est arrivé.

Zopire.

Qui ? Ce farouche Omar,
que l’erreur aujourd’hui conduit après son char,
qui combattit longtemps le tyran qu’il adore,
qui vengea son pays ?

Phanor.

Peut-être il l’aime encore.
Moins terrible à nos yeux, cet insolent guerrier,
portant entre ses mains le glaive et l’olivier,
de la paix à nos chefs a présenté le gage.
On lui parle ; il demande, il reçoit un otage.
Séide est avec lui.

Palmire.

Grand dieu ! Destin plus doux !
Quoi ! Séide ?

Phanor.

Omar vient, il s’avance vers vous.

Zopire.

Il le faut écouter. Allez, jeune Palmire.

(Palmire sort.)

Omar devant mes yeux ! Qu’osera-t-il me dire ?
ô dieux de mon pays, qui depuis trois mille ans
protégiez d’Ismaël les généreux enfants !
Soleil, sacré flambeau, qui dans votre carrière,
image de ces dieux, nous prêtez leur lumière,
voyez et soutenez la juste fermeté
que j’opposai toujours contre l’iniquité !

SCÈNE IV.

Zopire, Omar, Phanor, suite.


Zopire.

Eh bien ! Après six ans tu revois ta patrie,
que ton bras défendit, que ton coeur a trahie.
Ces murs sont encor pleins de tes premiers exploits.
Déserteur de nos dieux, déserteur de nos lois,
persécuteur nouveau de cette cité sainte,
d’où vient que ton audace en profane l’enceinte ?
Ministre d’un brigand qu’on dût exterminer,
parle : que me veux-tu ?

Omar.

Je veux te pardonner.
Le prophète d’un dieu, par pitié pour ton âge,
pour tes malheurs passés, surtout pour ton courage,
te présente une main qui pourrait t’écraser ;
et j’apporte la paix qu’il daigne proposer.

Zopire.

Un vil séditieux prétend avec audace
nous accorder la paix, et non demander grâce !
Souffrirez-vous, grands dieux ! qu’au gré de ses forfaits
Mahomet nous ravisse ou nous rende la paix ?
Et vous, qui vous chargez des volontés d’un traître,
ne rougissez-vous point de servir un tel maître ?
Ne l’avez-vous pas vu, sans honneur et sans biens,
ramper au dernier rang des derniers citoyens ?
Qu’alors il était loin de tant de renommée !

Omar.

à tes viles grandeurs ton âme accoutumée
juge ainsi du mérite, et pèse les humains
au poids que la fortune avait mis dans tes mains.
Ne sais-tu pas encore, homme faible et superbe,
que l’insecte insensible enseveli sous l’herbe,
et l’aigle impérieux qui plane au haut du ciel,
rentrent dans le néant aux yeux de l’éternel ?
Les mortels sont égaux ; ce n’est point la naissance,
c’est la seule vertu qui fait leur différence.
Il est de ces esprits favorisés des cieux,
qui sont tout par eux-même, et rien par leurs aïeux.
Tel est l’homme, en un mot, que j’ai choisi pour maître ;
lui seul dans l’univers a mérité de l’être ;
tout mortel à sa loi doit un jour obéir,
et j’ai donné l’exemple aux siècles à venir.

Zopire.

Je te connais, Omar : en vain ta politique
vient m’étaler ici ce tableau fanatique :
en vain tu peux ailleurs éblouir les esprits ;
ce que ton peuple adore excite mes mépris.
Bannis toute imposture, et d’un coup d’oeil plus sage
regarde ce prophète à qui tu rends hommage ;
vois l’homme en Mahomet ; conçois par quel degré
tu fais monter aux cieux ton fantôme adoré.
Enthousiaste ou fourbe, il faut cesser de l’être ;
sers-toi de ta raison, juge avec moi ton maître :
tu verras de chameaux un grossier conducteur,
chez sa première épouse insolent imposteur,
qui, sous le vain appât d’un songe ridicule,
des plus vils des humains tente la foi crédule ;
comme un séditieux à mes pieds amené,
par quarante vieillards à l’exil condamné :
trop léger châtiment qui l’enhardit au crime.
De caverne en caverne il fuit avec Fatime.
Ses disciples errants de cités en déserts,
proscrits, persécutés, bannis, chargés de fers,
promènent leur fureur, qu’ils appellent divine ;
de leurs venins bientôt ils infectent Médine.
Toi-même alors, toi-même, écoutant la raison,
tu voulus dans sa source arrêter le poison.
Je te vis plus heureux, et plus juste, et plus brave,
attaquer le tyran dont je te vois l’esclave.
S’il est un vrai prophète, osas-tu le punir ?
S’il est un imposteur, oses-tu le servir ?

Omar.

Je voulus le punir quand mon peu de lumière
méconnut ce grand homme entré dans la carrière :
mais enfin, quand j’ai vu que Mahomet est né
pour changer l’univers à ses pieds consterné ;
quand mes yeux, éclairés du feu de son génie,
le virent s’élever dans sa course infinie ;
éloquent, intrépide, admirable en tout lieu,
agir, parler, punir, ou pardonner en dieu ;
j’associai ma vie à ses travaux immenses :
des trônes, des autels en sont les récompenses.
Je fus, je te l’avoue, aveugle comme toi.
Ouvre les yeux, Zopire, et change ainsi que moi ;
et, sans plus me vanter les fureurs de ton zèle,
ta persécution si vaine et si cruelle,
nos frères gémissants, notre dieu blasphémé,
tombe aux pieds d’un héros par toi-même opprimé.
Viens baiser cette main qui porte le tonnerre.
Tu me vois après lui le premier de la terre ;
le poste qui te reste est encore assez beau
pour fléchir noblement sous ce maître nouveau.
Vois ce que nous étions, et vois ce que nous sommes.
Le peuple, aveugle et faible, est né pour les grands hommes,
pour admirer, pour croire, et pour nous obéir.
Viens régner avec nous, si tu crains de servir ;
partage nos grandeurs au lieu de t’y soustraire ;
et, las de l’imiter, fais trembler le vulgaire.

Zopire.

Ce n’est qu’à Mahomet, à ses pareils, à toi,
que je prétends, Omar, inspirer quelque effroi.
Tu veux que du sénat le shérif infidèle
encense un imposteur, et couronne un rebelle !
Je ne te nierai point que ce fier séducteur
n’ait beaucoup de prudence et beaucoup de valeur :
je connais comme toi les talents de ton maître ;
s’il était vertueux, c’est un héros peut-être :
mais ce héros, Omar, est un traître, un cruel,
et de tous les tyrans c’est le plus criminel.
Cesse de m’annoncer sa trompeuse clémence ;
le grand art qu’il possède est l’art de la vengeance.
Dans le cour de la guerre un funeste destin
le priva de son fils que fit périr ma main.
Mon bras perça le fils, ma voix bannit le père ;
ma haine est inflexible, ainsi que sa colère ;
pour rentrer dans la Mecque, il doit m’exterminer,
et le juste aux méchants ne doit point pardonner.

Omar.

Eh bien ! Pour te montrer que Mahomet pardonne,
pour te faire embrasser l’exemple qu’il te donne,
partage avec lui-même, et donne à tes tribus
les dépouilles des rois que nous avons vaincus.
Mets un prix à la paix, mets un prix à Palmire ;
nos trésors sont à toi.

Zopire.

Tu penses me séduire,
me vendre ici ma honte, et marchander la paix
par ses trésors honteux, le prix de ses forfaits ?
Tu veux que sous ses lois Palmire se remette ?
Elle a trop de vertus pour être sa sujette ;
et je veux l’arracher aux tyrans imposteurs,
qui renversent les lois et corrompent les moeurs.

Omar.

Tu me parles toujours comme un juge implacable,
qui sur son tribunal intimide un coupable.
Pense et parle en ministre ; agis, traite avec moi
comme avec l’envoyé d’un grand homme et d’un roi.

Zopire.

Qui l’a fait roi ? Qui l’a couronné ?

Omar.

La victoire.
Ménage sa puissance, et respecte sa gloire.
Aux noms de conquérant et de triomphateur,
il veut joindre le nom de pacificateur,
son armée est encore aux bords du Saïbare ;
des murs où je suis né le siége se prépare ;
sauvons, si tu m’en crois, le sang qui va couler :
Mahomet veut ici te voir et te parler.

Zopire.

Lui ? Mahomet ?

Omar.

Lui-même ; il t’en conjure.

Zopire.

Traître !
Si de ces lieux sacrés j’étais l’unique maître,
c’est en te punissant que j’aurais répondu.

Omar.

Zopire, j’ai pitié de ta fausse vertu.
Mais puisqu’un vil sénat insolemment partage
de ton gouvernement le fragile avantage,
puisqu’il règne avec toi, je cours m’y présenter.

Zopire.

Je t’y suis ; nous verrons qui l’on doit écouter.
Je défendrai mes lois, mes dieux, et ma patrie.
Viens-y contre ma voix prêter ta voix impie
au dieu persécuteur, effroi du genre humain,
qu’un fourbe ose annoncer les armes à la main.

(à Phanor.)

toi, viens m’aider, Phanor, à repousser un traître :
le souffrir parmi nous, et l’épargner, c’est l’être.
Renversons ses desseins, confondons son orgueil ;
préparons son supplice, ou creusons mon cercueil.
Je vais, si le sénat m’écoute et me seconde,
délivrer d’un tyran ma patrie et le monde.


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