Open main menu

WikiIslam β

Mahomet: Acte Troisième

SCÈNE I.

Séide, Palmire.


Palmire.

Demeure. Quel est donc ce secret sacrifice ?
Quel sang a demandé l’éternelle justice ?
Ne m’abandonne pas.

Séide.

Dieu daigne m’appeler :
mon bras doit le servir, mon coeur va lui parler.
Omar veut à l’instant, par un serment terrible,
m’attacher de plus près à ce maître invincible :
je vais jurer à Dieu de mourir pour sa loi,
et mes seconds serments ne seront que pour toi.

Palmire.

D’où vient qu’à ce serment je ne suis point présente ?
Si je t’accompagnais, j’aurais moins d’épouvante.
Omar, ce même Omar, loin de me consoler,
parle de trahison, de sang prêt à couler,
des fureurs du sénat, des complots de Zopire.
Les feux sont allumés, bientôt la trêve expire :
le fer cruel est prêt ; on s’arme, on va frapper :
le prophète l’a dit, il ne peut nous tromper.
Je crains tout de Zopire, et je crains pour Séide.

Séide.

Croirai-je que Zopire ait un coeur si perfide !
Ce matin, comme otage à ses yeux présenté,
j’admirais sa noblesse et son humanité ;
je sentais qu’en secret une force inconnue
enlevait jusqu’à lui mon âme prévenue :
soit respect pour son nom, soit qu’un dehors heureux
me cachât de son coeur les replis dangereux ;
soit que, dans ces moments où je t’ai rencontrée,
mon âme tout entière à son bonheur livrée,
oubliant ses douleurs, et chassant tout effroi,
ne connût, n’entendît, ne vît plus rien que toi ;
je me trouvais heureux d’être auprès de Zopire.
Je le hais d’autant plus qu’il m’avait su séduire :
mais malgré le courroux dont je dois m’animer,
qu’il est dur de haïr ceux qu’on voulait aimer !

Palmire.

Ah ! Que le ciel en tout a joint nos destinées !
Qu’il a pris soin d’unir nos âmes enchaînées !
Hélas, sans mon amour, sans ce tendre lien,
sans cet instinct charmant qui joint mon coeur au tien,
sans la religion que Mahomet m’inspire,
j’aurais eu des remords en accusant Zopire.

Séide.

Laissons ces vains remords, et nous abandonnons
à la voix de ce dieu qu’à l’envi nous servons.
Je sors. Il faut prêter ce serment redoutable ;
le dieu qui m’entendra nous sera favorable ;
et le pontife-roi, qui veille sur nos jours,
bénira de ses mains de si chastes amours.
Adieu. Pour être à toi, je vais tout entreprendre.

SCÈNE II.

Palmire.

D’un noir pressentiment je ne puis me défendre.
Cet amour dont l’idée avait fait mon bonheur,
ce jour tant souhaité n’est qu’un jour de terreur.
Quel est donc ce serment qu’on attend de Séide ?
Tout m’est suspect ici ; Zopire m’intimide.
J’invoque Mahomet, et cependant mon coeur
éprouve à son nom même une secrète horreur.
Dans les profonds respects que ce héros m’inspire,
je sens que je le crains presque autant que Zopire.
Délivre-moi, grand dieu ! De ce trouble où je suis ?
Craintive je te sers, aveugle je te suis :
hélas ! Daigne essuyer les pleurs où je me noie !

SCÈNE III.

Mahomet, Palmire.


Palmire.

C’est vous qu’à mon secours un dieu propice envoie,
seigneur, Séide...

Mahomet.

Eh bien ! D’où vous vient cet effroi ?
Et que craint-on pour lui, quand on est près de moi ?

Palmire.

ô ciel ! Vous redoublez la douleur qui m’agite.
Quel prodige inouï ! Votre âme est interdite ;
Mahomet est troublé pour la première fois.

Mahomet.

Je devrais l’être au moins du trouble où je vous vois.
Est-ce ainsi qu’à mes yeux votre simple innocence
ose avouer un feu qui peut-être m’offense ?
Votre coeur a-t-il pu, sans être épouvanté,
avoir un sentiment que je n’ai pas dicté ?
Ce coeur que j’ai formé n’est-il plus qu’un rebelle,
ingrat à mes bienfaits, à mes lois infidèle ?

Palmire.

Que dites-vous ? Surprise et tremblante à vos pieds,
je baisse en frémissant mes regards effrayés.
Eh quoi ! N’avez-vous pas daigné, dans ce lieu même,
vous rendre à nos souhaits, et consentir qu’il m’aime ?
Ces noeuds, ces chastes noeuds, que dieu formait en nous,
sont un lien de plus qui nous attache à vous.

Mahomet.

Redoutez des liens formés par l’imprudence.
Le crime quelquefois suit de près l’innocence.
Le coeur peut se tromper ; l’amour et ses douceurs
pourront coûter, Palmire, et du sang et des pleurs.

Palmire.

N’en doutez pas, mon sang coulerait pour Séide.

Mahomet.

Vous l’aimez à ce point ?

Palmire.

Depuis le jour qu’Hercide
nous soumit l’un et l’autre à votre joug sacré,
cet instinct tout-puissant, de nous-même ignoré,
devançant la raison, croissant avec notre âge,
du ciel, qui conduit tout, fut le secret ouvrage.
Nos penchants, dites-vous, ne viennent que de lui.
Dieu ne saurait changer : pourrait-il aujourd’hui
réprouver un amour que lui-même il fit naître ?
Ce qui fut innocent peut-il cesser de l’être ?
Pourrais-je être coupable ?

Mahomet.

Oui. Vous devez trembler :
attendez les secrets que je dois révéler ;
attendez que ma voix veuille enfin vous apprendre
ce qu’on peut approuver, ce qu’on doit se défendre.
Ne croyez que moi seul.

Palmire.

Et qui croire que vous ?
Esclave de vos lois, soumise, à vos genoux,
mon coeur d’un saint respect ne perd point l’habitude.

Mahomet.

Trop de respect souvent mène à l’ingratitude.

Palmire.

Non, si de vos bienfaits je perds le souvenir,
que Séide à vos yeux s’empresse à m’en punir !

Mahomet.

Séide !

Palmire.

Ah ! Quel courroux arme votre oeil sévère ?

Mahomet.

Allez, rassurez-vous, je n’ai point de colère.
C’est éprouver assez vos sentiments secrets ;
reposez-vous sur moi de vos vrais intérêts :
je suis digne du moins de votre confiance.
Vos destins dépendront de votre obéissance.
Si j’eus soin de vos jours, si vous m’appartenez,
méritez des bienfaits qui vous sont destinés.
Quoi que la voix du ciel ordonne de Séide,
affermissez ses pas où son devoir le guide :
qu’il garde ses serments ; qu’il soit digne de vous.

Palmire.

N’en doutez point, mon père, il les remplira tous :
je réponds de son coeur, ainsi que de moi-même.
Séide vous adore encor plus qu’il ne m’aime ;
il voit en vous son roi, son père, son appui :
j’en atteste à vos pieds l’amour que j’ai pour lui.
Je cours à vous servir encourager son âme.

SCÈNE IV.

Mahomet.

Quoi ! Je suis malgré moi confident de sa flamme !
Quoi ! Sa naïveté, confondant ma fureur,
enfonce innocemment le poignard dans mon coeur !
Père, enfants, destinés au malheur de ma vie,
race toujours funeste et toujours ennemie,
vous allez éprouver, dans cet horrible jour,
ce que peut à la fois ma haine et mon amour.

SCÈNE V.

Mahomet, Omar.


Omar.

Enfin voici le temps et de ravir Palmire,
et d’envahir la Mecque, et de punir Zopire :
sa mort seule à tes pieds mettra nos citoyens ;
tout est désespéré si tu ne le préviens.
Le seul Séide ici te peut servir, sans doute ;
il voit souvent Zopire, il lui parle, il l’écoute.
Tu vois cette retraite, et cet obscur détour
qui peut de ton palais conduire à son séjour ;
là, cette nuit, Zopire à ses dieux fantastiques
offre un encens frivole et des voeux chimériques.
Là, Séide, enivré du zèle de ta loi,
va l’immoler au dieu qui lui parle par toi.

Mahomet.

Qu’il l’immole, il le faut : il est né pour le crime :
qu’il en soit l’instrument, qu’il en soit la victime.
Ma vengeance, mes feux, ma loi, ma sûreté,
l’irrévocable arrêt de la fatalité,
tout le veut ; mais crois-tu que son jeune courage,
nourri du fanatisme, en ait toute la rage ?

Omar.

Lui seul était formé pour remplir ton dessein.
Palmire à te servir excite encor sa main.
L’amour, le fanatisme, aveuglent sa jeunesse ;
il sera furieux par excès de faiblesse.

Mahomet.

Par les noeuds des serments as-tu lié son coeur ?

Omar.

Du plus saint appareil la ténébreuse horreur,
les autels, les serments, tout enchaîne Séide.
J’ai mis un fer sacré dans sa main parricide,
et la religion le remplit de fureur.
Il vient.

SCÈNE VI.

Mahomet, Omar, Séide.


Mahomet.

Enfant d’un dieu qui parle à votre coeur,
écoutez par ma voix sa volonté suprême :
il faut venger son culte, il faut venger dieu même.

Séide.

Roi, pontife, et prophète, à qui je suis voué,
maître des nations, par le ciel avoué,
vous avez sur mon être une entière puissance ;
éclairez seulement ma docile ignorance.
Un mortel venger dieu !

Mahomet.

C’est par vos faibles mains
qu’il veut épouvanter les profanes humains.

Séide.

Ah ! Sans doute ce dieu, dont vous êtes l’image,
va d’un combat illustre honorer mon courage.

Mahomet.

Faites ce qu’il ordonne, il n’est point d’autre honneur.
De ses décrets divins aveugle exécuteur,
adorez et frappez ; vos mains seront armées
par l’ange de la mort, et le dieu des armées.

Séide.

Parlez : quels ennemis vous faut-il immoler ?
Quel tyran faut-il perdre ? Et quel sang doit couler ?

Mahomet.

Le sang du meurtrier que Mahomet abhorre,
qui nous persécuta, qui nous poursuit encore,
qui combattit mon dieu, qui massacra mon fils ;
le sang du plus cruel de tous nos ennemis, de Zopire.

Séide.

De lui ! Quoi ! Mon bras...

Mahomet.

Téméraire,
on devient sacrilége alors qu’on délibère.
Loin de moi les mortels assez audacieux
pour juger par eux-mêmes, et pour voir par leurs yeux !
Quiconque ose penser n’est pas né pour me croire.
Obéir en silence est votre seule gloire.
Savez-vous qui je suis ? Savez-vous en quels lieux
ma voix vous a chargé des volontés des cieux ?
Si malgré ses erreurs et son idolâtrie,
des peuples d’orient la Mecque est la patrie ;
si ce temple du monde est promis à ma loi ;
si dieu m’en a créé le pontife et le roi ;
si la Mecque est sacrée, en savez-vous la cause ?
Ibrahim y naquit, et sa cendre y repose :
Ibrahim, dont le bras, docile à l’éternel,
traîna son fils unique aux marches de l’autel,
étouffant pour son dieu les cris de la nature.
Et quand ce dieu par vous veut venger son injure,
quand je demande un sang à lui seul adressé,
quand dieu vous a choisi, vous avez balancé !
Allez, vil idolâtre, et né pour toujours l’être,
indigne musulman, cherchez un autre maître.
Le prix était tout prêt ; Palmire était à vous :
mais vous bravez Palmire et le ciel en courroux.
Lâche et faible instrument des vengeances suprêmes,
les traits que vous portez vont tomber sur vous-mêmes ;
fuyez, servez, rampez, sous mes fiers ennemis.

Séide.

Je crois entendre dieu ; tu parles : j’obéis.

Mahomet.

Obéissez, frappez : teint du sang d’un impie,
méritez par sa mort une éternelle vie.

(à Omar.)

ne l’abandonne pas ; et, non loin de ces lieux,
sur tous ses mouvements ouvre toujours les yeux.

SCÈNE VII.

Séide.

Immoler un vieillard de qui je suis l’otage,
sans armes, sans défense, appesanti par l’âge !
N’importe ; une victime amenée à l’autel
y tombe sans défense, et son sang plait au ciel.
Enfin dieu m’a choisi pour ce grand sacrifice :
j’en ai fait le serment ; il faut qu’il s’accomplisse.
Venez à mon secours, ô vous, de qui le bras
aux tyrans de la terre a donné le trépas !
Ajoutez vos fureurs à mon zèle intrépide ;
affermissez ma main saintement homicide.
Ange de Mahomet, ange exterminateur,
mets ta férocité dans le fond de mon coeur !
Ah ! Que vois-je ?

SCÈNE VIII.

Zopire, Séide.


Zopire.

à mes yeux tu te troubles, Séide !
Vois d’un oeil plus content le dessein qui me guide :
otage infortuné, que le sort m’a remis,
je te vois à regret parmi mes ennemis.
La trêve a suspendu le moment du carnage ;
ce torrent retenu peut s’ouvrir un passage :
je ne t’en dis pas plus : mais mon coeur, malgré moi,
a frémi des dangers assemblés près de toi.
Cher Séide, en un mot, dans cette horreur publique,
souffre que ma maison soit ton asile unique.
Je réponds de tes jours ; ils me sont précieux ;
ne me refuse pas.

Séide.

ô mon devoir ! ô cieux.
Ah, Zopire ! Est-ce vous qui n’avez d’autre envie
que de me protéger, de veiller sur ma vie ?
Prêt à verser son sang, qu’ai-je ouï ? Qu’ai-je vu ?
Pardonne, Mahomet, tout mon coeur s’est ému.

Zopire.

De ma pitié pour toi tu t’étonnes peut-être ;
mais enfin je suis homme, et c’est assez de l’être
pour aimer à donner des soins compatissants
à des coeurs malheureux que l’on croit innocents.
Exterminez, grands dieux, de la terre où nous sommes,
quiconque avec plaisir répand le sang des hommes !

Séide.

Que ce langage est cher à mon coeur combattu !
L’ennemi de mon dieu connaît donc la vertu !

Zopire.

Tu la connais bien peu, puisque tu t’en étonnes.
Mon fils, à quelle erreur, hélas ! Tu t’abandonnes !
Ton esprit, fasciné par les lois d’un tyran,
pense que tout est crime hors d’être musulman.
Cruellement docile aux leçons de ton maître,
tu m’avais en horreur avant de me connaître ;
avec un joug de fer, un affreux préjugé
tient ton coeur innocent dans le piége engagé.
Je pardonne aux erreurs où Mahomet t’entraîne ;
mais peux-tu croire un dieu qui commande la haine ?

Séide.

Ah ! Je sens qu’à ce dieu je vais désobéir ;
non, seigneur, non ; mon coeur ne saurait vous haïr.

Zopire, à part.

Hélas ! Plus je lui parle, et plus il m’intéresse ?
Son âge, sa candeur, ont surpris ma tendresse.
Se peut-il qu’un soldat de ce monstre imposteur
ait trouvé malgré lui le chemin de mon coeur ?

(à Séide.)

quel es-tu ? De quel sang les dieux t’ont-ils fait naître ?

Séide.

Je n’ai point de parents, seigneur, je n’ai qu’un maître,
que jusqu’à ce moment j’avais toujours servi,
mais qu’en vous écoutant ma faiblesse a trahi.

Zopire.

Quoi ! Tu ne connais point de qui tu tiens la vie ?

Séide.

Son camp fut mon berceau ; son temple est ma patrie :
je n’en connais point d’autre ; et, parmi ces enfants
qu’en tribut à mon maître on offre tous les ans,
nul n’a plus que Séide éprouvé sa clémence.

Zopire.

Je ne puis le blâmer de sa reconnaissance.
Oui, les bienfaits, Séide, ont des droits sur un coeur.
Ciel ! Pourquoi Mahomet fut-il son bienfaiteur !
Il t’a servi de père, aussi bien qu’à Palmire :
d’où vient que tu frémis, et que ton coeur soupire ?
Tu détournes de moi ton regard égaré ;
de quelque grand remords tu sembles déchiré.

Séide.

Eh ! Qui n’en aurait pas dans ce jour effroyable !

Zopire.

Si tes remords sont vrais, ton coeur n’est plus coupable.
Viens, le sang va couler ; je veux sauver le tien.

Séide.

Juste ciel ! Et c’est moi qui répandrais le sien !
ô serments ! ô Palmire ! ô vous, dieu des vengeances !

Zopire.

Remets-toi dans mes mains ; tremble, si tu balances ;
pour la dernière fois, viens, ton sort en dépend.

SCÈNE IX.

Zopire, Séide, Omar, suite.


Omar, entrant avec précipitation.

Traître, que faites-vous ? Mahomet vous attend.

Séide.

Où suis-je ! ô ciel ! Où suis-je ! Et que dois-je résoudre ?
D’un et d’autre côté je vois tomber la foudre.
Où courir ? Où porter un trouble si cruel ?
Où fuir ?

Omar.

Aux pieds du roi qu’a choisi l’éternel.

Séide.

Oui, j’y cours abjurer un serment que j’abhorre.

SCÈNE X.

Zopire.

Ah, Séide ! Où vas-tu ? Mais il me fuit encore ;
il sort désespéré, frappé d’un sombre effroi,
et mon coeur qui le suit s’échappe loin de moi.
Ses remords, ma pitié, son aspect, son absence,
à mes sens déchirés font trop de violence.
Suivons ses pas.

SCÈNE XI.

Zopire, Phanor.


Phanor.

Lisez ce billet important
qu’un arabe en secret m’a donné dans l’instant.

Zopire.

Hercide ! Qu’ai-je lu ? Grands dieux ! Votre clémence
répare-t-elle enfin soixante ans de souffrance ?
Hercide veut me voir ! Lui, dont le bras cruel
arracha mes enfants à ce sein paternel !
Ils vivent ! Mahomet les tient sous sa puissance,
et Séide et Palmire ignorent leur naissance !
Mes enfants ! Tendre espoir, que je n’ose écouter !
Je suis trop malheureux, je crains de me flatter.
Pressentiment confus, faut-il que je vous croie ?
ô mon sang ! Où porter mes larmes et ma joie ?
Mon coeur ne peut suffire à tant de mouvements ;
je cours, et je suis prêt d’embrasser mes enfants.
Je m’arrête, j’hésite, et ma douleur craintive
prête à la voix du sang une oreille attentive.
Allons. Voyons Hercide au milieu de la nuit ;
qu’il soit sous cette voûte en secret introduit,
au pied de cet autel, où les pleurs de ton maître
ont fatigué les dieux, qui s’apaisent peut-être.
Dieux, rendez-moi mes fils ! Dieux, rendez aux vertus
deux coeurs nés généreux, qu’un traître a corrompus !
S’ils ne sont point à moi, si telle est ma misère,
je les veux adopter, je veux être leur père.


  Previous - Acte Deuxième            Acte Quatrième - Next